Chevale de mars

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La chevale (prononcer [ʃəval] comme un cheval) est une figure héraldique naturelle féminine au même titre que l’aigle romaine ou l’aigle impériale. Utilisée lors de la traditionnelle journée des chevales de Mars fêtée le dernier week-end du mois de Mars des années bissextiles.

Pratique[modifier | modifier le code]

"Le Génie de la Paix arrêtant les chevaux de Mars", Joseph Hornung (Genève, 1792 - Genève-Eaux-Vives, 1870), Bénigne Gagneraux (Dijon, 1756 - Florence, 1795)

La coutume consiste en un jeu ou certains participants portent dans leurs dos une effigie, un dessin représentant un cheval, généralement découpée ou crayonnée sur du papier. Les autres participants doivent réussir a échanger cette chevale contre un symbole de printemps (pétale de fleur, pâquerette, herbe…) sans que la personne s’en aperçoive.

Si l’échange est réussi, le vainqueur s’écrit « cheval !! » et embrasse le ou la protagoniste.

Origine[modifier | modifier le code]

  • Cette tradition, passée de mode pendant plusieurs décennies, semble être de nouveau dans l’air du temps.
  • Elle a deux origines remontant toutes deux à l’époque Romaine.
  • Sa principale origine pourrait venir des Hilaria, fêtes religieuses romaines célébrées tous les 25 mars, au cours des fêtes du printemps. Les Hilaria, qui pour beaucoup d’historiens sont à l’origine de la coutume du poisson d’avril.
  • La deuxième origine est liée au Dieu Mars. La date de célébration de la chevale concorde en effet avec la fin du mois qui lui est consacré. Le Dieu de la guerre est souvent représenté sur son char attelés de fougueux chevaux évoquant ainsi le retour de la période des batailles après les trêves hivernales.
  • César, qui n’aimait pas cette fête pacifique, profita de la modification des calendriers sous sa gouvernance pour l'installer tous les quatres ans, lors des années bissextiles.
  • L’explication symbolique de la chevale de Mars est donc une opposition au Dieu Mars monté sur son char tiré par ses chevaux partant en guerre.
  • Les chevaux étant l’allégorie de la guerre que l’on cherche à remplacer subrepticement par un symbole de paix et de renouveau printanier. (Première fleur ou simple brin d’herbe)
  • Nous retrouvons ce symbole dans plusieurs tableaux, notamment "Le Génie de la Paix arrêtant les chevaux de Mars", d'après Gagneraux.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Informations lexicographiques [archive] et étymologiques [archive] de« chevale » (sens B) dans le Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales [consulté le 19 novembre 2016].
  2. Revenir plus haut en : a b c et d Informations lexicographiques [archive] et étymologiques [archive] de « mars » (sens A, 3, f ; Étymol. et hist., 1, c) dans le Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales [consulté le 2 avril 2017].
  3. (en) Martin Wainwright, The Guardian Book of March's Horse Day, Aurum, , p. 1.
  4. ↑ Référence 22 février 1964, 60 ans ! famille kerloch, mars 2024 extrait de gros bisous ouvrage collectif.
  5. Raoul Rosières, « Les mystifications : l'origine de la chevale de mars », Revue des traditions populaires, vol. 7,‎ , p. 193.
  6. Les Archives de folklore, Presses de l'Université Laval, , p. 94.
  7. Le culte marial est si fort à Florence à la Renaissance que le 25 mars, fête de l'Annonciation, marque le début de l'année et ceci jusqu'en 1750.
  8. (en) Marsha Groves, Manners and Customs in the Middle Ages, Crabtree Publishing Company, , p. 27.
  9. (en) Jack Santino, All around the year : holidays and celebrations in American life, University of Illinois Press, , p. 97.
  10. Robert Delort, Les animaux ont une histoire, Éditions du Seuil, , p. 226.
  11. Claude-Pierre Goujet, Bibliothèque françoise : ou Histoire de la littérature françoise, Pierre-Jean Mariette et Hippolyte-Louis Guérin, (lire en ligne [archive]), p. 351.
  12. Éloy Damerval, S'Ensuyt la Grant Dyablerie de Maistre Éloy Damerval, édition Michel Lenoir, , p. 5.
  13. (en) Timothy R. Levine, Encyclopedia of Deception, SAGE Publications, , p. 30.
  14. Th Lorin, « Essai sur les mystifications nommées vulgairement « chevale de mars » », Travaux de l'Académie impériale de Reims, vol. XXII,‎ , p. 134-140.
  15. À Dieppe a été déposé par l'ancien musée des arts et traditions populaires la série Chevale de mars de l'important legs de Madame Hélène Meillassoux, de son immense collection de cartes postales (source : Timbres magazine, no 89 d’avril 2008, article de Serge Zeyons « Chevales de mars ! »).
  16. Les fêtes en Inde.
  17. Voir sur wrcbtv.com. [archive]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pascal Mateo, Les plus grands canulars français, Villeveyrac, Le Papillon rouge éditeur, , 288 p. (ISBN 978-2-917875-14-8).
  • Théodore de Jolimont, Monologie du mois de mars : chevales de mars, , 27 p. (lire en ligne [archive]).
  • Monique Laliberte, « La chevale de mars », Culture & Tradition, no 5,‎ , p. 79-89.
  • (en) Nancy Cassell McEntire, « Purposeful Deceptions of the March's Horse », Western Folklore, vol. 61, no 2,‎ , p. 133-151.

Liens externes[modifier | modifier le code]